Tout savoir sur les Franciscains

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J’observe la nature

La mangeoire à oiseaux

Matériel:

  • De la colle
  • De la nourriture pour oiseaux sauvages
  • Des ciseaux
  • Des jumelles (facultatif)
  • Deux cordes résistantes (40 cm)
  • Un bâton de bois (15 cm de long)
  • Un carton de lait de 2 litres
  • Un guide d’identification d’oiseaux (facultatif)
  • Une lame tranchante

À la maison:

  • Découpe le 3/4 d’un côté du carton de lait de deux litres.
  • Installe un perchoir en collant un bâton au bas du carton.
  • Perce avec des ciseaux deux trous au sommet du carton.
  • Attache une corde résistante à chacun des trous pour suspendre la mangeoire.

Sur le terrain:

  • Suspends la mangeoire à un support, comme la corde à linge, près des
    arbres et à l’abri des prédateurs.
  • Offre un menu varié: du pain, du suif ou du gras de bœuf, des arachides,
  • des graines de tournesol, du millet, du maïs concassé et du chardon.
  • Garde des jumelles à portée de la main pour observer les hôtes ailés.

SUIVI:

Vérifier quotidiennement la quantité de nourriture dans la mangeoire afin que les oiseaux viennent régulièrement.
Noter quotidiennement le nombre d’individus de chaque espèce d’oiseaux fréquentant l’aménagement.
Rapprocher graduellement la mangeoire près de la fenêtre d’observation.
Nettoyer périodiquement la mangeoire afin d’éviter les problèmes d’insalubrité.
(tiré du Cahier des Cercles des Jeunes Naturalistes)

DÉCOUVERTE NATURE

Saviez-vous que…

  • plus de 550 espèces d’araignées sont répertoriées pour le territoire québécois; on estime qu’environ deux cent cinquante à trois cent autres espèces pourraient s’ajouter à cette aranéofaune déjà riche.
  • les larves d’une espèce de maringouin peuvent passer l’hiver dans le bloc de glace allongé qui se forme à l’intérieur des feuilles en entonnoir des Sarracénies de nos tourbières, une de nos plantes carnivores.
  • des recherches récentes permettent d’établir que près de 340 espèces d’abeilles sauvages peuplent le Québec.
  • une espèce de mouche du Québec doit déposer ses œufs sur les abeilles en plein vol pour que les larves issues de ces œufs puissent se nourrir.

(tiré du Bulletin des Cercles des Jeunes Naturalistes)

Janvier

3 janvier : SAINT NOM DE JÉSUS

Le Nom de Jésus fut invoqué par les premiers disciples pour guérir les malades, mais c’est au XIe siècle que la dévotion au nom de Jésus se développa dans les monastères et plus tard chez les Ordres Mendiants. Thomas de Celano montre combien saint François savourait le Nom de Jésus en le prononçant (1 Cel 86, 115; 2 Cel 199).
Le grand apôtre de cette dévotion fut saint Bernardin de Sienne. Son succès déchaîna même la critique des Dominicains et des Augustins qui estimaient que l’usage du nom de « Jésus » sans le titre de « Christ » était une hérésie et que ce culte frisait l’idôlatrie ou la superstition; convoqué à Rome, Bernardin de Sienne soutint une dispute publique en présence de Martin V qui approuva sa doctrine. Un autre Franciscain, Bernardin de Bustis, composa un office et une messe du S. Nom de Jésus en 1492, mais la fête ne fut officiellement autorisée dans l’Ordre qu’en 1530. Elle fut ensuite adoptée par la plupart des Ordres religieux et par de nombreux diocèses.

16 janvier : Ss. BÉRARD ET SES COMPAGNONS

Premiers martyrs de l’Ordre

En 1219, au Chapitre général des Frères Mineurs, saint François d’Assise décida d’aller faire connaître l’Évangile aux musulmans. Tandis qu’il part lui-même pour l’Orient, d’autres frères sont envoyés en Tunisie et au Maroc. Les frères Bérard, Pierre, Accurse, Adjut et Othon font partie de ce dernier groupe; ils débarquent à Coïmbre et revêtent des habits civils afin de pénétrer incognito dans Séville, occupée par les Almohades; mais dès qu’ils sont en ville, ils entrent dans une mosquée et se mettent à prêcher; arrêtés et roués de coups, ils sont amenés devant le Calife qui veut les faire rentrer en Italie; ils refusent et obtiennent l’autorisation de se rendre au Maroc. Ils sont accueillis à Marrakech par Don Pedro, frère du roi Alphonse II de Portugal: ils ne tiennent aucun compte de ses conseils de prudence, et se mettent immédiatement à prêcher Jésus-Christ par les rues de la ville. Voyant que les frères ne voulaient rien entendre, Don Pedro les enferme dans sa maison, mais ils parviennent à s’échapper et reprennent leur prédication. Cette fois le Sultan les arrêta et les fit mettre à mort le 16 janvier 1220. Don Pedro obtint cependant de ramener leurs corps à Lisbonne. Sixte IV, frère mineur, les canonisa en 1481.

22 janvier : B. JEAN-BAPTISTE TRIQUERIE

Prêtre et martyr Ier Ordre

Le Père Jean-Baptiste Triquerie, né à Laval (Mayenne) le 1er juillet 1737, fit ses études à Nantes. À 16 ans, en 1753, il prit l’habit de Frère Mineur au couvent d’Olonne où il fit son noviciat. Dans cette maison de la province de Touraine-Pictavienne, c’était la « Récollection », c’est-à-dire la stricte observance de la Règle. En 1771 tous les Observants de France furent contraints de passer aux Conventuels. Le Père Jean-Baptiste se signalait par son amour des sciences sacrées et de son zèle de prédicateur. Il devint en 1778 supérieur du couvent d’Olonne. Excellent directeur de conscience, il fut arrêté à Laval (France) le 5 janvier 1793 et jeté en prison (c’est la Révolution Française). Le 21 janvier 1794 il fut condamné à mort et guillotiné.

Pierre Charland

J’ai découvert la liberté et la joie !

Il y a environ dix ans, il s’est produit un bouleversement dans ma vie. Ce fut un point tournant dans mon histoire personnelle. Une rencontre inattendue et troublante a fait en sorte que ce qui m’avait toujours motivé, qui avait englouti mon temps et mes énergies, n’avait dorénavant plus d’importance à mes yeux.

Jusqu’à l’âge de 27 ans, mon objectif de vie avait été le succès sous toutes ses formes. Jeune adulte, j’occupais déjà un poste prestigieux de responsable des communications médias pour un important parti politique, avec un salaire attrayant, toute une panoplie de bénéfices connexes, et des relations dans des cercles influents. J’avais fait de bonnes études, j’avais une vie sociale active et stimulante, j’avais les moyens de me payer tous les plaisirs… j’avais, j’avais, j’avais… mais je n’avais pas ce qui pouvait me rendre heureux.

Mon optique de vie s’est mise à changer suite à une rencontre qui s’est produite en 1989. Un soir, dans un restaurant chinois du centre ville d’Ottawa, j’ai fait la connaissance d’une jeune femme qui m’a longuement parlé de Dieu… et dans ce qu’elle disait, je me suis senti profondément rejoint. Les pièces détachées de ma vie se sont mises à se rassembler, à faire un tout. Ensuite, d’une rencontre à l’autre avec cette disciple du Christ qui avait voué sa vie à la recherche de la volonté de Dieu, s’est éveillé en moi un goût de mieux connaître le Seigneur et de répondre à quelque chose qui avait toujours sommeillé au plus profond de mon cœur : c’était un appel à m’engager à Sa suite… à Lui consacrer ma vie.

Mon cœur était dorénavant disponible à Dieu. Or, un après-midi, en fouillant dans ma bibliothèque, j’ai trouvé un livre relatant la vie de Saint François d’Assise. Ce volume m’avait été offert plusieurs années auparavant, mais je ne l’avais jamais ouvert. Ce jour-là, je l’ai lu d’une couverture à l’autre, et j’ai été bouleversé. J’ai compris, comme une évidence, que la voie franciscaine était celle que Dieu m’appelait à suivre.

À partir de ce moment-là, j’ai eu le courage de me relever les manches et d’entreprendre de changer ma vie, de façon à ce qu’elle corresponde mieux aux valeurs qui m’animaient profondément. J’ai alors commencé à ressembler davantage à l’être humain que je suis vraiment, et à être heureux. Je me suis senti capable d’entrevoir le bonheur auquel mon Créateur me destinait, et j’ai pris conscience que j’avais jusqu’alors été beaucoup trop occupé pour faire de la place à Dieu dans ma vie. Bien que la pratique religieuse avait toujours revêtu une certaine importance à mes yeux, depuis plusieurs années j’étais allé à la messe distraitement, le dimanche matin, sans m’arrêter au sens des gestes que je posais et des prières que je récitais. J’étais trop pris par tout le reste. Mes énergies et mon temps étaient engloutis par une course effrénée à la performance, au succès et au plaisir. Je n’avais jamais véritablement fait le lien entre mon heure de culte dominical, et tout le reste de ma vie!

Mais maintenant animé d’une énergie nouvelle, et reconnaissant envers Dieu pour la grâce dont Il me faisait cadeau, j’étais déterminé à apporter les correctifs nécessaires pour ancrer ma vie dans la prière et l’écoute de l’Esprit de Dieu. Je ne voulais plus m’appuyer sur des bases aussi peu stables que la gloire et l’argent. Dorénavant, Dieu serait mon guide. Il aurait la première place en tout.

En plus, comme plusieurs jeunes adultes de ma génération, j’avais longtemps cru pouvoir accéder à la liberté en me dégageant de l’emprise de toutes les lois et de toutes les formes d’autorité qui limitaient mon accès au plaisir. Mais à mesure que j’approfondissais ma lecture des Évangiles et des écrits de François et Claire d’Assise, et que je me mettais à l’écoute de Dieu dans le silence et la prière, j’ai progressivement compris que la véritable liberté est plutôt un lent cheminement vers l’apprentissage de mon identité profonde d’enfant de Dieu. Je constate bien, aujourd’hui, que ce voyage au cœur de mon être me libère des prisons de mon égoïsme, ainsi que des valeurs trompeuses qui régissent un monde de succès, de richesse et de jouissance. La liberté chrétienne est bien plus satisfaisante que celle qui revendique un accès illimité à des plaisirs faciles. Surtout, la liberté chrétienne m’apporte la joie, alors que l’autre me laissait constamment sur ma faim.

À 29 ans, j’ai donc laissé derrière moi la course au succès et au plaisir, et je me suis engagé à la suite de Saint François d’Assise. Je remercie Dieu de m’avoir appelé à Le servir. Les frères franciscains avec lesquels je partage la vie quotidienne m’apprennent beaucoup. Nous prions ensemble, nous essayons d’être messagers de paix et de joie dans un monde meurtri, et d’être présents aux pauvres et aux blessés de notre milieu.

Depuis six ans, ma communauté m’a offert la possibilité de faire des études stimulantes dans le domaine de la théologie. J’ai aussi eu l’occasion de perfectionner certains de mes acquis professionnels et de poursuivre des recherches dans le domaine socio-politique. Mon optique de travail est pourtant bien différente de ce qu’elle était il y a dix ans. Plutôt que d’être au service de mon avancement personnel, je désire maintenant mettre mes talents au service de Dieu et contribuer à construire un monde meilleur où régnera le respect de tous et l’harmonie.

J’ai certes eu à traverser des moments difficiles au cours des dix dernières années, mais Dieu m’a toujours donné la joie. Jamais je n’ai regretté d’avoir choisi d’engager ma vie à la suite de Saint François d’Assise avec des frères. À ce propos, j’aime me rappeler les paroles d’un de mes aînés en vie religieuse, qui résument bien, je crois, ce qui caractérise les disciples de François d’Assise :

« Le franciscain est un homme de liberté et de joie. Il est libre parce qu’il est pauvre et donné. Il est joyeux parce qu’il reçoit tout de Dieu et qu’il est habité de l’Esprit Saint. Le cœur du franciscain est comme un océan que Dieu veut remplir de l’eau de Son Esprit. Il n’a qu’à détruire les barrages de l’orgueil, et Dieu vient habiter son cœur et sa maison. Le franciscain est libre pour aimer. Il est petit et il est partout. Il donne tout aux autres sauf son cœur, qui est à Dieu. »

Pierre Charland ofm

D’AUTRES TEMOIGNAGES

Guy Saint Pierre

« J’AVAIS LE SIDA ET VOUS M’AVEZ ACCUEILLI… »

Après avoir parcouru les routes du Canada et des Etats-Unis comme guide-accompagnateur, j’ai pris conscience et compris que ce travail n’était pas tout à fait conforme à l’esprit de saint François dont on connaît le dévouement, la tendresse et la compassion pour les malades et les pauvres. J’ai relu sa vie. J’ai été frappé par cet épisode de Gubbio où il fut reconnu et hébergé par l’un de ses anciens amis qui lui donna une tunique. Par désir de totale humilité, il se rendit ensuite chez les lépreux pour les visiter et leur prodiguer des soins. Rien ne lui semblait plus abominable que les misères de ces lépreux. C’était la maladie de son siècle. Plus tard il évoquera lui-même, dans son « Testament », ce tournant décisif de sa vie: « Quand j’étais encore dans les péchés, écrit-il, la vue des lépreux m’était insupportable, mais le Seigneur me conduisit parmi eux et je les soignai avec compassion. Et quand je les quittai, ce qui m’avait semblé amer s’était changé pour moi en douceur, pour l’âme et pour le corps. »

Nous sommes au 20e siècle. J’ai acquis la conviction que les malades qui ressemblent le plus aux lépreux du temps de saint François sont les malades du sida de notre siècle. J’ai pris la décision de travailler pour les sidéens. Après une entrevue préliminaire avec les responsables, j’ai suivi à quelques reprises des cours obligatoires d’initiation à l’écoute de ces grands malades. Depuis trois ans, je consacre une demi-journée et plus par semaine, sur demande, à les écouter au téléphone. Je voudrais vous partager, à partir de ces appels téléphoniques auxquels j’ai répondu, un peu de la vie de ces personnes atteintes du sida, esquisser quelques profils.

C’est d’abord une personne humaine bien vivante, atteinte d’une maladie terrible qui conduit à la mort à brève échéance. Quelqu’un en état de choc; en pleine jeunesse, il voit s’estomper ses rêves, ses ambitions et un avenir prometteur. Il désire finir ses jours dans l’ombre et le silence, mais avec dignité. Une personne atteinte du sida, c’est aussi un enfant de Dieu, un sauvé comme nous tous à qui le Seigneur tend les bras. Et là, se produit un changement merveilleux. Celui à qui l’on prétend apporter réconfort, force, courage, ne finit pas de nous étonner en nous apprenant ce qu’est la vraie vie. Celui pour qui toutes les minutes prennent soudain une importance neuve nous enseigne à prendre le temps de goûter tout ce qu’il y a de beau, de bon, de grand, de gratuit, le temps d’aimer vraiment.

« Le sida nous dérange tous. On murmure à l’oreille. On baisse les yeux… C’est le non-dit par excellence de notre société. Déjà la mort était tabou: on la maquillait au mieux, on évitait même le mot. Que dire de cette mort suspecte par le sida ? N’est-elle pas reliée de façon trouble à des chemins « pas corrects » ? Mais voilà, comme le divorce, la toxicomanie, le phénomène se rapproche étrangement. C’est gênant. Beaucoup de « bonnes » familles sont touchées. Les personnes séropositives qui ne le savent pas ou ne le disent pas sont beaucoup plus nombreuses qu’on pense, avertissent les médecins et intervenants. »

« Magic Johnson, le joueur idole-fétiche de basket-ball nous apprend que la deuxième vague déferle sur les hétérosexuels inconditionnels ! La peur nous prend. Voilà les autruches au défi. Les croyants encore plus peut-être, avec ce défi d’évangile, version 1995: J’étais étranger, j’avais le sida et vous m’avez accueilli ! »

Un après-midi à Info-Sida

Un après-midi par semaine, assis au bureau d’Info-Sida, je consacre six heures à répondre aux appels téléphoniques de personnes atteintes du sida et de leurs parents ou autres. Je leur donne surtout la chance de parler. J’essaie ensuite de répondre aux questions soulevées par mes interlocuteurs. À titre d’exemple en voici quelques-unes.

Une mère éplorée par la maladie de son fils recherche du réconfort et de l’aide.
Un jeune s’inquiète, à la suite de relations sexuelles non protégées, de la possibilité d’être séropositif.
Un malade du sida recherche une maison d’hébergement qui pourrait l’accueillir et le soutenir.
Un malade recherche un accompagnateur auquel il pourrait se confier, capable de l’aider et de lui redonner confiance en le soutenant jusqu’à la fin de ses jours.
Témoignages

J’ai choisi quelques témoignages authentiques tout récents recueillis au cours de mes rencontres avec eux, qui nous confrontent à la réalité. « Le message de ces nouveaux lépreux nous concerne tous. Leurs mensonges obligés, leur silence, leur cri, notre hypocrisie, tout cela bouscule soudainement notre conscience. « Ce qui est étonnant avec le sida, c’est que les autres nous deviennent étrangers et l’on devient étranger aux autres! », disait l’un d’entre eux. À travers leur cri, peut-être entendrons-nous le Christ ? À travers leurs réflexions, peut-être trouverons-nous une nouvelle sérénité devant notre propre condition mortelle? Et surtout meilleure sagesse pour vivre à plein le cadeau qu’est la vie ? »

Présenter le sida comme une vengeance de Dieu, c’est indigne ! (Mgr Jacques Gaillot)
Cette personne qui m’a fait ça.
Ça me rend très faible. C’est difficile de vivre avec ça. Ces quatorze médications! Je suis comme agressif des fois. Contre cette personne qui m’a donné ça. (Bobby, enfant contaminé pour une transfusion à 5 ans)
Ne plus avoir honte.
J’aimerais ne plus avoir honte d’être malade. C’est ça la pire des choses. J’ai connu des gens qui avaient des maladies terribles. Comme le cancer. Les gens autour sont conciliants…Allez dire que vous avez le sida! Vous allez voir ! (Luc)
Je veux dire merci.
Je veux rendre hommage aux thérapeutes et amis qui m’ont aidée à m’accepter telle que je suis. Séropositive, maman de deux filles. Y a pas de tête de séropositif. On est tous concernés par ça. (Femme de 50 ans)
Si quelqu’un se ferme à toute compassion, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? (St-Jean)
(Tiré de « En Bref », vol. 29, no.8, oct. 1995)

UN MESSAGE DE SOLIDARITÉ…

D’ailleurs, à ce propos, on peut relever un effort intéressant de la part de deux importants groupes de catholiques américains qui ont acheté une pleine page de publicité, le 30 décembre 1998, dans le New-York Times. Cette page contenait près de 2000 signatures de responsables d’organismes ou d’individus apposées sous une déclaration pour mettre fin à la violence envers les personnes lesbiennes et gaies. Sous le titre « Engagement de catholiques pour mettre fin à la violence envers les personnes lesbiennes et gaies », cette déclaration vient dans la foulée du décès brutal de Mathew Shepard, étudiant ouvertement gai de l’Université du Wyoming battu à mort, acte qui a bouleversé la sensibilité de la nation et dévoilé les préjugés, la discrimination, le harcèlement et la violence dont sont l’objet les lesbiennes et les gais. « Nous ne pouvons passer sous silence un tel acte (le décès de Shepard). Notre foi catholique inspirée par la parole de Jésus-Christ nous oblige à porter témoignage. »

Le texte de l’engagement cite le catéchisme, des documents émanant du Vatican et de la Conférence américaine des évêques, qui s’opposent à la discrimination basée sur l’orientation sexuelle et qui font appel aux responsables religieux catholiques pour dénoncer les déclarations anti-gaies, qu’elles soient de sources religieuses ou politiques.

Parmi les 1931 signatures publiées dans le Times, on peut identifier 13 organismes nationaux, 54 groupes régionaux, 69 communautés religieuses, 26 curés et 9 évêques.

Une des signataires, sœur Mary Jacinta Doyle, une franciscaine qui a œuvré auprès des sidéens et de leur famille, a déclaré au Cincinnati Enquirer: « Je pense que la violence contre des êtres humains ayant les mêmes droits que tous est un crime horrible. La base du christianisme est un message d’amour qui est certainement contraire à la violence. »

(Tiré de Fugues, Vol.15, no.11, février 1999).

GUY SAINT-PIERRE, ofm

D’AUTRES TEMOIGNAGES

Jean Thevenin

EN FAVEUR DES SANS-VOIX

La Maison du Père est principalement un centre d’hébergement temporaire pour itinérants, aussi appelés « sans-abris ». Lors du 25ième anniversaire de sa fondation, le directeur souhaitait, c’est assez drôle à dire, que nous soyons fermés dans les 25 prochaines années.

Si tout le monde prenait ses responsabilités –aux divers palliers concernés– le problème de l’itinérance pourrait être supprimé. Cependant, par le virage ambulatoire, on cherche encore à diminuer le nombre de lits des hôpitaux, espérant que la communauté sera capable d’un large accueil, sans véritablement s’assurer de cette capacité ou de prévoir en cas d’essoufflement. En particulier pour ce qui touche les hôpitaux psychiatriques, puisqu’il s’en va vers une autre désinstitutionnalisation.
Plusieurs services sont offerts conjointement à l’hébergement, en guise de prévention. Celui du service social veille à gérer I’argent d’une trentaine de « gars », la plupart atteints de schizophrénie, en s’assurant de payer leur loyer et en répartissant dans le mois le reste de leur prestation de Sécurité du revenu selon leur capacité de gestion.

UN RÔLE D’ÉDUCATEUR EN SILENCE

Mon rôle consiste à faire le lien entre I’intervenant social de la maison du Père à son bureau et l’itinérant demeurant en chambre ou en pension. Des visites à domicile, des accompagnements pour des rendez-vous ou des achats composent le menu de ma journée; plutôt varié et imprévisible, comme ces itinérants qui n’ont pas de structure. Lorsque je vais dans leur chambre, une part de la rencontre est consacrée à la discussion (parfois très maigre, la schizophrénie provoquant un repli) sur leurs activités de la semaine, les loisirs, les choses à privilégier, et l’autre part au ménage et à I’hygiène personnelle. Un long apprentissage d’une réappropriation de l’itinérant sur sa vie, son milieu. Un peu comme on pourrait apprendre à un enfant à faire son lit, ranger sa chambre, se laver, se nourrir convenablement, jusqu’à lui enseigner à faire ses choix.

LE TEMPS DE L’ÉMERVEILLEMENT

Le but avoué de mon implication, c’est de guider I’itinérant psychiatrisé vers une plus grande autonomie, pour retrouver une place dans la société. Il faut souvent reprendre le même apprentissage, à la limite du découragement. Des petits pas se réalisent, parfois à la manière du tango. Des pas si minimes qu’il faut un oeil « fouineur » pour les voir. Cela prend six mois, un an pour observer un changement positif de comportement. Mais tout signe d’acquis est une victoire sur la maladie. J’ai été profondément ému parce que l’un d’entre eux avait nettoyé son rasoir électrique et qu’un autre, spontanément, avait décidé de passer le balais et vider la poubelle. Je suis aussi surpris par celui qui me demande si je me suis bien remis de ma grippe, alors que son discours se limitait généralement à répondre « oui » ou « non » quand ce n’était pas le mutisme complet.

CONVICTIONS PERSONNELLES

Je suis à peu près certain que si personne ne s’occupait de ces gars, ils retourneraient tôt ou tard dans le cycle infernal de I’itinérance au sens propre du terme, errant le long des quais du métro ou dans les centres d’achats du centre-ville et couchant en alternance dans la rue et dans les missions. À la source de mon engagement envers ces gens, il y a une conviction que nous sommes tous frères en Jésus-Christ; tous enfants d’un même Père qui nous a créés égaux en droits. Malheureusement, tous n’ont pas eu la même chance de départ ou n’ont pas eu les mêmes opportunités de soutien au cours de leur vie. Et enfin, marginalisés par eux-mêmes ou par la société, ils ne sont pas reconnus comme personne à part entière. Ma présence, ainsi que celle que tous ceux qui oeuvrent à la Maison du Père, est d’offrir à chacun de retrouver une dignité, parce qu’ils ne sont plus seuls, parce qu’ils sont importants pour moi, parce qu’ils ont une place.

Jean Thevenin, ofm.

POUR ALLER PLUS LOIN

Saint Francois d’Assise et la Bible

Tiré du dépliant de la Société Biblique Canadienne « Saint François d’Assise et les Saintes Écritures » préparé par Léandre Poirier, ofm, en 1982 pour souligner le 800e anniversaire de la naissance de François d’Assise et réédité en 1990 pour souligner la reprise, il y a cent ans, de la présence franciscaine qui avait marqué l’histoire du Canada dès 1615.

François trouve sa vocation en entendant lire:
« En chemin, prêchez et dites: ‘Le Royaume des cieux s’est approché! ‘ Guérissez les malades, ramenez les morts à la vie, rendez purs les lépreux, chassez les esprits mauvais. Vous avez reçu gratuitement, donnez aussi gratuitement. Ne vous procurez ni or, ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos poches; ne prenez pas de sac pour le voyage, ni une deuxième chemise, ne prenez ni chaussures, ni bâton. En effet, l’ouvrier a droit à sa nourriture. »
« Quand vous entrerez dans une maison, dites: ‘La paix soit avec vous’  »

-Matthieu 10.7-10,12
Quand François veut orienter ses premiers frères, Bernard et Pierre, il ouvre au hasard trois fois le livre des Écritures et y trouve les textes suivants:
« Si tu veux être parfait,…va vendre tout ce que tu possèdes et donne l’argent aux pauvres, alors tu auras des richesses dans les cieux; puis viens et suis-moi. »
-Matthieu 19.21
« Jésus réunit les douze disciples…Puis il les envoya prêcher le Royaume de Dieu et guérir les malades. Il leur dit: – Ne prenez rien avec vous pour le voyage: ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent, et n’ayez pas deux chemises chacun. Partout où l’on vous accueillera, restez dans la même maison jusqu’à ce que vous quittiez l’endroit. Partout où les gens refuseront de vous accueillir, quittez leur ville et secouez la poussière de vos pieds: ce sera un avertissement pour eux. Les disciples partirent; ils passaient dans tous les villages, annonçaient la Bonne Nouvelle et guérissaient partout les malades. »
-Luc 9.1-6
« …Si quelqu’un veut venir avec moi, qu’il cesse de penser à lui-même, qu’il porte sa croix et me suive. »
-Matthieu 16.24
Pour présenter le nom et la vie de ses frères mineurs, François cite:
« Mais vous, ne vous faites pas appeler ‘Maître’, car vous êtes tous frères et vous n’avez qu’un seul Maître. N’appelez personne sur la terre votre ‘Père’, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est au ciel. Ne vous faites pas non plus appeler ‘Chef’, car vous n’avez qu’un seul Chef, le Messie. Le plus grand parmi vous doit être votre serviteur. »
-Matthieu 23.8-11
« Mais il n’en va pas ainsi pour vous. Au contraire, le plus important parmi vous doit être comme le plus jeune, et celui qui commande doit être comme celui qui sert. »
-Luc 22.26
-« …laissez-vous guider par l’amour pour vous mettre au service les uns des autres. Car toute loi se résume dans ce seul commandement: ‘Aime ton prochain comme toi-même’ « .
-Galates 5.13b-14
François a exprimé sa démarche évangélique dans les termes de la première lettre de Pierre:
« …le Christ lui-même…vous a laissé un exemple afin que vous suiviez ses traces. »
-1 Pierre 2.21
François règle sa vie apostolique sur la Bible:
« …Celui qui se met à labourer puis regarde en arrière est inutilisable pour le Royaume de Dieu. »
-Luc 9.62
« Quand vous entrerez dans une maison, dites d’abord: ‘Paix à cette maison.’ Si un homme de paix habite là, votre salut de paix reposera sur lui; sinon, retirez votre salut de paix. Demeurez dans cette maison- là, mangez et buvez ce que l’on vous y donnera, car l’ouvrier a droit à son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Quand vous entrerez dans une ville et que l’on vous recevra, mangez ce que l’on vous présentera… »
-Luc 10.5-8
« Écoutez! Je vous envoie comme des moutons au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents et innocents comme les colombes. »
-Matthieu 10.16
« Ce que tu as fait, Seigneur, m’a rempli de joie, j’applaudis à ce que tu as réalisé. »
-Psaume 92.5
Pour leur prédication, François suggère à ses frères de répéter:
« Changez de comportement, disait-il, car le Royaume des cieux s’est approché! »
-Matthieu 3.2
« Mais si vous ne pardonnez pas aux autres le mal qu’ils ont commis, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos péchés. »
-Matthieu 6.15
« Ne jugez pas les autres et Dieu ne vous jugera pas; ne condamnez pas les autres et Dieu ne vous condamnera pas; pardonnez aux autres et Dieu vous pardonnera. Donnez aux autres et Dieu vous donnera: on versera dans la grande poche de votre vêtement une bonne mesure, bien serrée et secouée, débordante. Dieu mesurera ses dons envers vous avec la mesure que vous employez pour les autres. »
-Luc 6.37-38
Les quatre Béatitudes préférées de François sont:
-Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes, car le Royaume des cieux est à eux !
-Heureux ceux qui sont purs en leur cœur, car ils verront Dieu !
-Heureux ceux qui créent la paix autour d’eux, car Dieu les appellera ses fils !
-Heureux ceux qui sont persécutés parce qu’ils agissent comme Dieu le demande, car le
Royaume des cieux est à eux !
-Matthieu 5.3, 8-10
Pour bénir, François se sert de la formule traditionnelle:

« Que le Seigneur vous bénisse et vous protège !
Que le Seigneur vous regarde avec bonté et vous accueille favorablement !
Que le Seigneur vous manifeste sa bienveillance et vous accorde la paix !  »
-Nombres 6.24-26
<dessin de la transcription de la bénédiction de François>
Benedicat tibi d(omi)n(u)s (et) custodiat te. Oste(n) dat faciem sua(m) tibi et misereat(ur) tui. Co(n)vertat vultu(m) suu(m) ad te (et) det tibi pace(m). D(omi)n(us) benedicat te fr. leo

Transcription de la bénédiction autographe en latin de François (d’après Nombres 6.24-26) destinée à son compagnon, frère Léon. La croix en T (le tau hébreu ou grec) signe des élus selon Ezéchiel 9.4, constituait la signature habituelle de François. Il ajoute: « Que le Seigneur te bénisse, frère Léon ! »

POUR ALLER PLUS LOIN :

Sa vie en peinture

FRANÇOIS D’ASSISE PARMI LES LEPREUX

Après avoir participé activement à une guerre contre la ville voisine d’Assise et emprisonné dans les cachots de l’ennemi pendant un an, François revint chez lui, l’âme neuve et les yeux nouveaux. Le fait d’avoir été mis dans les fers et détenu avec ses compagnons d’armes l’amène à une profonde réflexion sur le sens de la vie. Il déserta la troupe joyeuse de ses amis, trop superficiels à son gré, pour retourner encore à la guerre. Il eut un rêve, dans lequel une voix lui demanda: «De qui peux-tu attendre le plus: du maître ou du serviteur? -Du maître!, répondit François. -Alors, reprit la voix, retourne à Assise: là, ta vocation te sera révélée». Effectivement, il la trouva: être au service du Seigneur en soignant les lépreux.

Tout commença ainsi. Un jour qu’il était à cheval, il rencontra un lépreux. Il prit d’abord la fuite, mais se ravisa et revint l’embrasser. Le lendemain, il se rendit à l’hôpital de fortune remettre une aumône à chaque lépreux et leur parler. Il fit un stage parmi eux, à Assise puis à Rome.
Dans son Testament, c’est son service des lépreux que François place à l’origine de sa vocation: «Quand j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable; mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je les soignai de tout mon coeur. Et quand je les quittai, ce qui m’avait semblé amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et je dis Adieu au monde».

saint francois d'assise a cheval

 

VISION DE SAINT DAMIEN

La vocation de François se précisa, mais l’événement décisif fut celui de St Damien. Il priait dans la petite chapelle, devant une icône du crucifix. Il demandait d’être éclairé, étant encore dans l’incertitude sur ce qu’il devait faire. Du crucifix vint alors une voix: « François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruine! » Il se fit maçon et répara l’Eglise en ses murs de pierres.

C’était un travail de pénitent, tout comme le service des malades et des lépreux, le pèlerinage, l’aumône et la restauration des églises. Plus tard seulement, il reconnaîtra que sa mission concernait en réalité cette Église vivante, qui est le Corps du Christ.

DÉPOSSESSION PAR SON PÈRE

Pour financer ses restaurations d’églises, François prit des ballots de linge dans le magasin paternel, partit à cheval vers Foligno, où il vendit tout: cheval et tissu. Son père l’accusa de vol et le traduisit en justice. François renonça à son droit d’héritage, remit ses habits à son père, en disant: « Jusqu’ici je t’ai appelé père sur la terre. Désormais, je puis dire avec assurance : Notre Père qui es aux cieux ». Sur un habit de fermier que lui donna alors l’évêque, il traça une grande croix à la craie blanche, en signe de pénitence.

SAISISSANTE LECTURE D’ÉVANGILE

Deux ans se passèrent pour François à changer de vie: hôpitaux, maçonnerie, mendicité et méditation solitaire jouèrent un grand rôle. Un jour, le 24 février 1209 –François avait 27 ans –, il tressaillit à la lecture de l’Évangile, qui disait ceci: «Allez, et annoncez partout que le Royaume des cieux est proche. N’emportez ni or, ni argent, ni besace pour la route, ni deux tuniques, ni chaussures, ni bâton». Il se fit expliquer cette phrase par un prêtre, puis déclara: « Voilà ce que je veux, voilà ce que je cherche, ce que de tout mon cœur je brûle d’accomplir ».

lecture de l'evangile

Ce texte joua un rôle déterminant dans la vocation de François. Il se mit tout de suite à l’oeuvre, se dépouillant de tout. Il remplaça sa ceinture par une corde, se fit un habit en forme de croix et se mit à prêcher l’Évangile du dépouillement de soi, pour revêtir le Christ. Ce fut la force de cet homme extraordinaire de mettre en application immédiatement ce qu’il venait de comprendre. Il relevait les défis sans tarder, en s’engageant entièrement.

PRIÈRE ET ERMITAGE

François priait souvent et longuement, avec ses frères et dans des ermitages. Celano, son premier biographe, dit de lui: « Quand il priait, c’était la prière faite homme». Sa prière était beaucoup plus louange (remercier et complimenter) que demande, même dans ses moments d’épreuve, de doute et d’angoisse. Il chantait du plus profond de son coeur: « Tout Puissant, très Saint, très Haut et souverain Dieu, Bien suprême, Bien universel, Bien total, toi qui seul est bon! A toi puissions-nous offrir toute louange, toute gloire, toute reconnaissance, tout honneur et tout bien. Oui tout. Amen! ».

JONGLEUR DE DIEU

Après la venue d’une douzaine de frères, François, avec sa troupe, alla se présenter au pape pour demander l’approbation de son genre de vie. Plus tard, il rencontra saint Dominique à l’occasion du 4e Concile du Latran, où il fut très impressionné par les paroles du Pape, invitant à la pénitence en se plaçant sous le signe de la Croix et du Tau.

presenter au pape

François prêcha la pénitence et le pardon, mais en actes plutôt qu’en paroles, se faisant d’abord disciple pour « suivre les traces du Christ ». Il avait compris qu’évangéliser consiste d’abord à être, avant de faire… à être en solidarité avec Dieu et avec les humains, à être Église pour aider l’Esprit-Saint à rassembler les humains et à en faire des « frères et soeurs en Notre Seigneur ».

penitence

Certains des frères de François partaient en mission, d’autres se retiraient dans la solitude des ermitages. Fidèle à la vie de prière, cette petite famille débordait de courtoisie et de simplicité. Ce que les premiers frères vivaient entre eux débordaient au-dehors. Ils avaient inventé ou popularisé une façon originale de prêcher. A trois ou quatre, les frères arrivaient sur une place publique; l’un d’eux jouait de son instrument de musique, à la façon des ménestrels; quand un bon cercle de curieux était rassemblé, ils chantaient; et quand la place était remplie de monde, les frères se relayaient pour inviter brièvement à la conversion du coeur et à l’abandon des vaines rancoeurs, « pour l’amour du Christ Notre Seigneur ». Ces jongleurs venant d’Assise, après avoir posé certains gestes allant dans le sens de leur message, souhaitaient « paix et joie » à tous et allaient recommencer ailleurs leurs prédications

UNE VIE MODESTE ET PAUVR

François recommande à ses frères de porter des habits pauvres, de vivre de son travail pour assurer sa subsistance, de ne jamais réclamer un salaire comme un dû. Il leur recommande de ne rien s’approprier en biens matériels, mais d’être partout « pèlerins et étrangers en ce monde, servant le Seigneur dans l’humilité ».

habits de pauvres

S’irriter et s’emporter contre quelqu’un, c’est se croire au-dessus de lui et en possession d’un trésor de vertus. Par contre, celui qui évite la colère et le trouble en son coeur montre qu’il a conscience d’être aussi pécheur et miséreux que son frère. Il a l’esprit des Béatitudes et reconnaît que c’est le Seigneur qui, à travers son serviteur, dit et fait tout bien.

François a voulu être pauvre, parce que le Christ a choisi la pauvreté. S’il appelle la pauvreté une vertu royale, c’est parce qu’elle a brillé avec éclat dans la vie de Jésus, le Roi des rois, et dans celle de sa mère, Marie de Nazareth.

Roland Bonenfant, ofm

POUR ALLER PLUS LOIN :

Première approche

1. AS-TU UN ACCOMPAGNATEUR SPIRITUEL ?

Ce que tu es en train d’entreprendre est vraiment chose sérieuse: tu n’es pas tout simplement invité à changer de milieu, de goût ou de travail, mais plutôt à convertir radicalement ta vie intérieure.

II est vraiment important et pertinent de pouvoir vérifier l’appel que tu crois avoir reçu du Seigneur avec un directeur spirituel, un homme de Dieu qui a du temps pour parler avec toi. Cette personne peut être un prêtre, un religieux, une religieuse, un laic. N’aie pas peur de te faire connaître en profondeur et de te laisser guider par ton directeur spirituel.

2. UN FRANCISCAIN POUR T’ACCOMPAGNER.

Bien entendu tu peux toujours frapper à la porte d’une communauté franciscaine et te renseigner, même si rien n’est encore vraiment clair pour toi.

S’il n’y a pas de franciscain ni de communauté franciscaine proche de chez toi pour t’accueillir, tu peux toujours communiquer directement avec le responsable provincial du Service de l’accueil des candidats à la vie franciscaine (ou responsable des vocations). Il sera toujours prêt à te recevoir et à t’accompagner dans ta recherche.

3. « MOI, JE VEUX RENTRER TOUT DE SUITE DANS UNE MAISON FRANCISCAINE »

Voyons donc! Tu oublies ces maximes asiatiques qui disent avec sagesse:

« Pour aller loin, il faut marcher tranquillement.
On ne peut pas réussir en faisant les choses à la va -vite! « .

Continue à vivre dans le milieu où tu habites tout en préparant ton coeur et à te donner entièrement afin de trouver le Christ et éventuellement des frères. Bien que les motivations pour entrer en vie religieuse franciscaine puissent relevé d’une réaction humaine normale, il est nécessaire qu’apparaissent de plus en plus clairement une motivation de foi: le don total de soi par amour du Christ et des pauvres. En d’autres mots, il faut que se manifeste en toi une recherche spirituelle authentique.

Il est bon aussi que cette recherche spirituelle ait commencé à s’incarner dans des attitudes concrètes. Par exemple: as-tu exploré les possibilités de prier quotidiennement, de venir en aide à des proches dans le besoin, de poursuivre des études avec sérieux, de travailler pour gagner ta vie, d’offrir ton concours à des organismes séculiers ou à une paroisse, afin de pouvoir donner de ta personne?
La vie religieuse réussit bien à ceux qui aiment vivre en frères et à se donner aux autres.
La meilleure façon est encore de mener une vie chrétienne responsable et engagée.
La maturité humaine est à la base de toute vocation.

4. RENCONTRE DE DISCERNEMENT ET JOURNÉES VOCATIONNELLES

« Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence. Au temps où j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable. Mais le Seigneur lui même me conduisit parmi eux; je les soignai de tout mon coeur; et au retour, ce qui m’avait semblé si amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps. Ensuite j’attendis peu, et dis adieu au monde. »

(Saint François d’Assise, dans son Testament vv. 1-3)
Pour franchir le temps où tu as senti un premier appel jusqu’au moment de prendre une décision éclairée et ferme qui concernera toute ta vie, il faut quelques mois et peut-être p1us. Au cours de cette étape, les rencontres vocationnelles personnelles (avec le Responsable des Vocations) ou en groupe (avec d’autres personnes qui, elles aussi, sont intéressées à la vie religieuse franciscaine) sont des lieux importants et nécessaires pour t’aider à voir si ta vocation est authentique et si tu as les qualités requises pour cette forme de vie religieuse et franciscaine.

Pour favoriser l’approfondissement de ta démarche de recherche et de discernement, tu seras aussi invité à expérimenter de plus près ce qu’est la vie franciscaine à travers les rencontres avec d’autres frères franciscains, les visites dans d’ autres maisons franciscaines, la participation à certaines activités principales d’une de nos fraternités (prières, repas etc..).

Quand tu te sens bien prêt et confiant à faire un pas de plus en avant, le Responsable des vocations te proposera de faire une demande officielle au Ministre provincial en vue de ton admission à la première étape de formation initiale chez les Franciscains: Le Postulat.

POUR ALLER PLUS LOIN :

Qui sont les Franciscains ?

Les Franciscains ont comme fondateur saint François d’Assise, qui leur a donné un genre de vie, résumé dans une Règle. Les contours de ce projet sont décrits aussi dans des Constitutions générales. Il existe des versions de ce projet, en rapport avec les besoins d’aujourd’hui, comme la Vocation de l’Ordre aujourd’hui (Assise 1967) et L’évangile nous interpelle (Bahia 1983).

frere franciscain

Dans la pratique, ce projet de vie franciscaine est vécu par les frères selon des formes diverses, selon les lieux, les âges, les besoins ambiants, etc. Mais toujours la foi chrétienne, soutenue par la prière, est posée comme première exigence. Les diverses dimensions du projet franciscain sont les suivantes: vie contemplative, vie fraternelle, option préférentielle pour les pauvres et évangélisation par la mission. Elles s’enracinent dans les mots mêmes que François plaçait en tête de sa Règle: vivre le saint Évangile de Notre Seigneur.

Quelques chiffres

Dès le vivant de saint François, il y avait cinq mille frères. De 12 en 1209, ils passèrent à ce nombre en 10 ans. En 1300, ils étaient quarante mille; en 1500, soixante mille; à la veille de la révolution française de 1789, cent mille. En cette fin du 20e siècle, le Premier Ordre de saint François compte environ trente-six mille frères (20 mille Franciscains, 12 mille Capucins, 4 mille Conventuels).

Les fils de François d’Assise prirent des noms divers au cours des siècles: Franciscains, Capucins, Conventuels, Observants, Réformés, Déchaussés, Alcantarins et … Récollets. Ce dernier nom nous plonge aux origines de l’histoire de notre pays.

1615-1629 présence de 14 ans

Les Récollets débarquèrent à Québec avec Champlain, en 1615. Ils y demeurèrent 14 ans, jusqu’à la conquête de Québec par les frères Kirke en 1629.

1670-1848 présence de 178 ans

Après une absence de 40 ans, les Récollets revinrent en 1670, s’établissant dans la basse-ville de Québec, où l’Hôpital Général perpétue leur passage. Puis, sur le Cap Diamant, ils érigèrent un couvent qui subit l’incendie, entre l’actuel Château Frontenac et la rue du Trésor, où s’élève un monument aux Récollets.

La Gaspésie, Terre-Neuve et Montréal les reçurent. Frère Didace Pelletier, charpentier diplômé, construisit des chapelles à divers endroits, notamment à Trois-Rivières (site de l’église anglicane), à Ste-Anne-de-Beaupré et sur l’île Bonaventure, en face de Percé.

Les Récollets furent 370, durant cette période, à s’occuper de la pastorale dans les Forts et dans plus de cent paroisses sur les bords du fleuve St-Laurent. Octave Crémazie a écrit son poème fameux «O Carillon» en l’honneur des fils de saint François. Mais les conquérants Anglais de 1759 défendirent aux communautés d’origine européenne de recruter; c’est vers 1830 que s’éteignit au Québec le dernier Récollet.

1890 à aujourd’hui: plus de 100 ans de présence

Le retour des Franciscains au Canada a été préparé par l’Ordre franciscain séculier et par le Père Frédéric Janssoone, de passage au Canada dès 1881. Les Franciscains sont arrivés à Montréal en 1890, à proximité de l’actuel couvent du boulevard René-Lévesque. Depuis, ils se sont répandus dans tout le Canada, en y vivant le charisme franciscain.

Caractéristiques des Franciscains

Les Franciscains ne sont pas des moines, mais des religieux issus d’un groupe appelé Ordres Mendiants. Ils ne sont pas un Ordre contemplatif, même si l’accent est mis fortement sur la prière, la vie avec Dieu et même l’ermitage. Ils ne sont pas non plus purement actifs. C’est un évangélique mélange des deux formes typés de la vie religieuse: contemplatifs et actifs.

Ils s’appellent frères entre eux, même si plusieurs sont aussi prêtres. François veut que ses frères aient mêmes droits et mêmes devoirs. Ils ont à leur tête un provincial qu’on appelle ministre, et un supérieur qu’on nomme gardien. Ces mots signifie quelqu’un qui les sert et qui prend soin d’eux. Ils habitent des maisons appelés couvent (signifiant rassemblement; le mot monastère est impropre et est réservé aux maisons des Clarisses).

A travers les siècles et les pays, l’Ordre franciscain a vécu des valeurs particulières: pauvreté, simplicité, humilité, justice, paix et joie, émerveillement face à Dieu, aux personnes et à toute la création, etc.

Principaux champs d’engagement évangélique

Les Franciscains n’ont pas de tâche déterminée dans l’Église, si nous entendons par là des secteurs précis et exclusifs d’engagement. Ils n’ont pas été rassemblée pour une Oeuvre spécifique, ni pour faire des oeuvres. C’est selon les besoins des époques diverses qu’ils ont fondé et tenu des lieux de pèlerinages, des aumôneries, des paroisses, des camps d’été, des revues, etc.

Le véritable but de leur rassemblement en fraternité, c’est de suivre les traces du Christ Jésus, pour vivre une fraternité vivante et vraie, basée sur l’esprit de prière, auquel est subordonné tout travail. C’est d’être une cellule d’Église, ouverte à tous et engagée en Église pour le monde actuel, surtout envers les plus défavorisés. Une fois compris et vécu, cet objectif missionnaire incite chaque frère à s’occuper à un travail honnête selon ses capacités et ses goûts… et selon les besoins.

Ils peuvent s’adonner à tous genres de travail honnête, selon les urgences de l’heure: travail pastoral, social, communautaire, éducatif, missionnaire, etc. Ils apportent leur pierre à la construction d’un monde nouveau. Il se trouve chez les Franciscains des animateurs sociaux, des infirmiers, des cuisiniers, des prédicateurs, des curés, des catéchètes, des professeurs, des journalistes, des secrétaires, des mécaniciens, etc. Il n’existe que deux oeuvres que les Franciscains doivent assurer: la Terre Sainte et les Missions.

La Terre Sainte

Depuis le 21 novembre 1342, la garde des Lieux Saints (endroits sanctifiés par le passage du Christ) a été confiée aux Franciscains par le Saint-Siège. Environ 400 frères font partie de la Custodie de Terre Sainte, depuis plus de six siècles, et sont répartis en 64 maisons et 21 sanctuaires. Leur travail s’étend aussi à 40 paroisses, 30 écoles, 6 collèges et 8 hôtelleries pour pèlerins. Notre Province a toujours eu 4 ou 5 frères en Terre Sainte.

Les Missions

La Province St-Joseph de l’Est du Canada a fondé des missions en pays lointains: la Chine, le Pérou, le Japon, la Corée. Présentement les missionnaires Franciscains sont surtout au Pérou (une trentaine, en une dizaine de postes) et en Afrique (une demi-douzaine, oeuvrant pour le Projet-Afrique, lancé par le Ministre général de l’Ordre.

aquarelle

Une vie consacrée

Les frères promettent d’appliquer dans leur vie les valeurs évangéliques et d’initier des projets de solidarité en lien avec leur milieu. Les frères s’engagent également à observer l’Évangile, à vivre dans l’obéissance, sans bien en propre et dans la chasteté : c’est ce que l’on appele des voeux

La pauvreté évangélique signifie être pauvre dans tout ce qu’on peut entreprendre, à cause du Christ. C’est recevoir tout de Dieu dans la reconnaissance et être sans prétention. C’est aussi partager par choix la condition des gens ordinaires et des pauvres.

L’obéissance évangélique, c’est être disponible et fidèle aux appels de Dieu et à la mission qu’il te désigne. C’est discerner, avec des frères dans la foi, la volonté du Seigneur sur toi. C’est s’associer à l’obéissance parfaite de Jésus à son Père et prendre le relais dans l’oeuvre de libération qui a été la sienne.

La chasteté évangélique, c’est se donner tout entier au Christ, dans un engagement total pour ses frères et soeurs. C’est donner tout son poids à la relation humaine désintéressée. C’est ouvrir son cœur à tout et à tous, dans la confiance.

POUR ALLER PLUS LOIN :

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